Des cimetières de plus en plus verts

L’exceptionnel patrimoine naturel des cimetières parisiens a autant de valeur que les trésors d’architecture que l’on peut admirer dans les plus connus d’entre eux : arbres, arbustes et fleurs dessinent un nouveau paysage plus accueillant. Signe de l’évolution des temps, les alignements de caveaux bétonnés se transforment doucement en allées de tombes végétalisées pour devenir des cimetières-jardin.

Des havres de paix
Les cimetières ont de plus en plus une fonction d’espace public et deviennent des parcs commémoratifs offrant du repos au milieu de l’agitation des villes. Leur aménagement exige une vision très particulière en termes de conception et de plantation : l’occupation de l’espace, la problématique des sols, la plantation et la gestion des espaces sont pris en compte dans le choix des espèces.

Une végétalisation galopante
Les visites au cimetière sont espacées, par manque de temps ou à cause de la distance, il conviendra donc de choisir des végétaux résistants. D’autant plus que les conditions culturales sont mauvaises : terre pauvre à cause des terrassements, grillée par le soleil, ruissellement des eaux de pluie qui érodent les sols.
Pour les tombes délimitées par un entourage de granit, de pierre ou de ferronnerie d’art, l’apport de bonne terre ou de compost permet une meilleure végétalisation.

Les fleurs prennent une autre dimension
Elles apportent une touche de gaité et sont une marque d’affection et mémoire. Pourtant, vous ne trouverez pas d’article dans les revues de jardinage sur le sujet. Il est important de suivre le rythme des saisons et de les renouveler régulièrement.

Les chrysanthèmes, fleurs des cimetières
Elles ornent les cimetières à la Toussaint, une tradition qui remonte à la première guerre mondiale lorsque Clémenceau avait appelé les Français à fleurir les tombes des soldats tombés au front. C’est une tradition exclusivement française.
La « fleur d’or » qui nous vient d’Asie, est en pleine floraison à cette période de l’année. Les Chinois la vénéraient et la traitaient à la manière des bonzaïs, les Japonais en ont fait un symbole d’éternité. A la Toussaint, pour fleurir les espaces verts et 20 cimetières parisiens, les jardiniers de la ville de Paris vont mettre en scène quelques 70 000 chrysanthèmes.

Arbres et arbustes
Le Père Lachaise faisait figure d’exception historique avec ses arbres magnifiques. Aujourd’hui la Mairie de Paris (qui gère également les cimetières extra-muros) encourage la biodiversité en multipliant les espèces. A Bagneux par exemple, vous trouverez des tilleuls argentés, des marronniers d’Inde, des ormes de Pumila, des sycomores, des bouleaux fastigiés, des érables pourpres … autant d’essences rares qui embellissent un cimetière dont le plan à angle droit en accentuait la monotonie.
Le paysage est redessiné, les allées, qui s’étendent à perte de vue, portent le nom des espèces qui les bordent, la flore s’accompagne d’une faune nouvelle et diversifiée (35 espèces d’oiseaux). La richesse arboricole des cimetières, inhabituelle en ville, s’inscrit dans la volonté d’y développer des visites et des promenades à thèmes comme dans d’autres lieux touristiques.

Une allée de copalmes dans le cimetière de Bagneux

Les cyprès, arbres d’immortalité
Ils sont associés depuis la mythologie à la douleur liée à la perte d’êtres chers. Ces grands arbres feuillus et colorés poussent, notamment dans les cimetières méditerranéens, où ce grand arbre résiste aux brusques changements de température.
Leurs racines poussent verticalement vers le bas et leurs troncs, dressés comme des pinceaux d’un vert sombre et mat égaient le paysage.

De plus en plus, la nature s’exprime librement et reprend ses droits, les cimetières deviennent des lieux de vie, presque comme les autres.

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